La perfusion intraveineuse représente une méthode d’administration thérapeutique essentielle en milieu hospitalier. Cette technique médicale consiste à injecter lentement et continuellement des liquides directement dans la circulation sanguine. Le procédé de perfusion permet d’administrer médicaments, solutions nutritives et solutés électrolytiques sans solliciter le système digestif. L’article détaille les différentes méthodes d’administration, le matériel requis ainsi que les règles d’asepsie indispensables.

Qu’est-ce que la perfusion en médecine ?

La perfusion médicale se définit comme une injection lente et régulière d’un liquide thérapeutique ou nutritif par voie intraveineuse. Ce traitement parentéral s’oppose au traitement entéral qui utilise la voie orale traditionnelle. Le liquide perfusé pénètre directement dans le système circulatoire sans transiter par le tube digestif, garantissant une absorption immédiate.

L’expression mettre sous perfusion demeure couramment employée dans le vocabulaire médical. Le verbe perfuser désigne l’action d’administrer ce traitement à un patient. Le terme trouve son origine dans le latin perfusio, signifiant l’action de baigner ou mouiller, avec une attestation médicale datant de 1912.

La perfusion tissulaire constitue également un processus physiologique fondamental. Elle permet d’acheminer vers chaque organe les nutriments et le dioxygène nécessaires au métabolisme cellulaire. Durant les états de choc, on observe une hypoperfusion qui compromet l’alimentation des tissus. Au sens figuré, l’expression sous perfusion qualifie une activité économique dépendant entièrement d’aides financières extérieures.

Les différentes techniques de perfusion

La perfusion veineuse périphérique s’effectue par ponction d’une veine superficielle située sur l’avant-bras. Un cathéter court est inséré dans une veine distale du membre supérieur. Cette méthode convient aux traitements de courte durée nécessitant l’administration de volumes limités.

Type de perfusion Localisation Durée maximale
Périphérique Avant-bras Quelques jours
Centrale Veine sous-clavière Plusieurs mois
Ombilicale Cordon ombilical 6 à 8 jours

La perfusion veineuse centrale utilise un cathéter long introduit jusqu’aux grosses veines proches du cœur, notamment la jugulaire interne ou la sous-clavière. Cette technique autorise l’injection de volumes importants pendant plusieurs semaines. Les cathéters implantables équipés d’un réservoir sous-cutané permettent aux patients sous chimiothérapie de conserver leur autonomie entre deux séances.

Chez le nouveau-né, la perfusion des vaisseaux ombilicaux reste praticable durant une semaine. Les veines du cuir chevelu offrent également un accès vasculaire chez le nourrisson. Les solutions administrées incluent :

  • Médicaments sous forme injectable
  • Solutés électrolytiques contenant sodium et potassium
  • Solutions glucosées pour la réhydratation
  • Produits de nutrition artificielle avec lipides et acides aminés

Matériel et surveillance de la perfusion

Le perfuseur constitue l’équipement central du dispositif. Cette tubulure complexe relie le flacon au cathéter intraveineux. Les modèles avancés intègrent plusieurs robinets permettant l’administration simultanée de différents produits thérapeutiques.

Le débit de perfusion se règle traditionnellement par gravité selon la technique du goutte-à-goutte. Les perfuseurs automatiques offrent un contrôle précis des volumes et durées. La mise en place exige une asepsie rigoureuse : application d’un garrot, désinfection cutanée et pose d’un pansement stérile.

Les complications locales représentent le risque principal. L’inflammation provoque douleurs, rougeur et œdème autour du point de ponction. Une thrombose veineuse peut survenir, nécessitant le retrait immédiat du cathéter. L’infection constitue la complication la plus grave, pouvant évoluer vers une septicémie à staphylocoque. La prévention repose sur quatre principes :

  1. Changement régulier des pansements souillés ou décollés
  2. Remplacement des tubulures toutes les vingt-quatre à quarante-huit heures
  3. Respect strict des règles d’asepsie lors des manipulations
  4. Limitation de la durée aux situations indispensables
Cecile