La névralgie d’Arnold représente 8,7 % des névralgies d’origine cervicale. Pourtant, elle reste largement sous-estimée, voire incomprise. Audrey, 41 ans, en souffre depuis plus de 5 ans. Ancienne esthéticienne à son compte, elle a tout arrêté, tenté un retour en bureau avec une Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), avant de basculer en invalidité. Son témoignage, recueilli via l’Association Francophone pour Vaincre les Douleurs (AVFD), est sans ambiguïté : ce n’est pas un simple mal de tête. Ophélie Winter a elle-même été traitée pour cette pathologie et a dû cesser de parler pendant un an entier.

La douleur part de la nuque, remonte vers la région occipitale, peut redescendre sur le visage. Elle frappe par décharges électriques ou sous forme de brûlures. Elle peut être unilatérale, continue ou intermittente, accompagnée de vertiges, nausées, fourmillements et fatigue intense. Au-delà de 3 à 6 mois sans traitement adapté, on entre dans le territoire du syndrome douloureux chronique. Le nerf occipital, comprimé par une vertèbre cervicale, que ce soit par arthrose ou traumatisme, est généralement en cause.

Déposer un dossier MDPH pour une névralgie d’Arnold

La reconnaissance par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) n’est pas automatique. Chaque dossier est évalué individuellement, en fonction de la fréquence et de l’intensité des crises, ainsi que de leur impact concret sur la vie quotidienne. Franchement, beaucoup de patients sous-estiment l’importance du certificat médical : il doit être précis, détaillé, sans zones d’ombre. La pathologie, ses conséquences fonctionnelles, les traitements en cours… rien ne doit être laissé de côté.

Les aides accessibles après reconnaissance incluent notamment :

  • L’Allocation Adulte Handicapé (AAH)
  • La Prestation de Compensation du Handicap (PCH)
  • Des aménagements de poste de travail (fauteuil adapté, position d’écran, repose-mains)
  • Un soutien pour l’adaptation du logement

En cas de refus, une contestation reste possible. Faire appel à un cabinet spécialisé en droit du handicap peut changer radicalement l’issue du dossier.

Quel taux d’invalidité retenir après un traumatisme cervical ?

Un arrêt de la cour d’appel de Riom, prononcé le 15 janvier 2020, illustre concrètement ce que représente le taux d’incapacité en cas de névralgie d’Arnold post-traumatique. Monsieur C.X., victime d’un accident de la circulation le 1er juin 2005, avait développé cette pathologie suite à un choc par l’arrière. L’arrêt de travail, initialement fixé à 5 jours, s’est finalement prolongé jusqu’au 3 avril 2009.

Poste Montant (appel)
Déficit fonctionnel temporaire 1 401,88 €
Souffrances endurées (cotées 1,5/7) 2 000 €
Déficit fonctionnel permanent (10 % à 52 ans) 14 200 €

L’expert avait retenu un taux d’incapacité permanente partielle de 10 %, consolidé au 7 avril 2006. Le déficit fonctionnel atteignait 25 % dans les premières semaines, puis 17,5 % en moyenne jusqu’à la consolidation. Ces chiffres sont concrets : pour les organismes comme la CNESST ou la SAAQ, établir le lien entre traumatisme cervical et névralgie d’Arnold nécessite presque systématiquement une expertise médico-légale. Ne le sous-estimez pas.

Julien