Le TDAH, Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, est un trouble du neurodéveloppement décrit dans la littérature médicale dès la fin du 18e siècle. Ce n’est pas une maladie, pas davantage le résultat d’une mauvaise éducation. La Fédération mondiale du TDAH a analysé l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles pour harmoniser sa prise en charge. Selon certaines estimations, 5,9 % des moins de 18 ans et 2,8 % des adultes sont concernés. Chez les enfants, le trouble touche deux fois plus souvent les garçons que les filles, bien que chez ces dernières il reste largement sous-diagnostiqué.
Trois symptômes cliniques définissent ce trouble. Le déficit de l’attention se traduit par une incapacité à terminer une tâche, des oublis fréquents, une distractibilité persistante. L’hyperactivité motrice, c’est cette agitation constante, cette impossibilité de rester en place. L’impulsivité, enfin, pousse à interrompre les autres, à agir sans réfléchir. Le Dr Annick Vincent précise que le TDAH n’est pas un manque d’attention, mais une difficulté à moduler, freiner et inhiber.
Les trois profils possibles :
- Profil mixte : inattention et hyperactivité/impulsivité simultanées
- Profil inattentif : symptômes d’inattention prédominants, souvent discret
- Profil hyperactif/impulsif : agitation et impulsivité au premier plan
Définition du TDAH : ce que dit le diagnostic
Selon le DSM-5, le trouble débute avant l’âge de 12 ans et les symptômes doivent persister depuis au moins 6 mois, dans plusieurs contextes (école, maison, loisirs). Chez l’enfant, 6 symptômes sur 9 sont requis dans au moins une dimension. Chez l’adulte, le seuil descend à 5 sur 9. La HAS (Haute Autorité de Santé) précise que tout médecin formé au TDAH peut poser ce diagnostic, appuyé sur un entretien clinique, sans aucun marqueur biologique ni examen sanguin.
La complexité tient aux comorbidités fréquentes : dyslexie, troubles du sommeil, difficultés psychomotrices. Des recherches publiées le 16 mars 2026 suggèrent que les troubles de l’attention pourraient aussi s’expliquer par l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil. Intéressant, non ? Comprendre ces paramètres physiologiques de base aide à saisir pourquoi le cerveau TDAH fonctionne différemment.
Le modèle de Thomas E. Brown (2005) identifie six fonctions exécutives déficitaires : activation, focus, effort, régulation émotionnelle, mémoire et action. Ces fonctions peuvent s’activer correctement dans des conditions précises, notamment lors d’une urgence ou d’une activité très stimulante. Voilà pourquoi un enfant TDAH peut rester concentré des heures sur un jeu vidéo, mais pas sur une dictée.
| Population | Prévalence estimée | Seuil diagnostique |
|---|---|---|
| Enfants (moins de 18 ans) | 5 à 5,9 % | 6 symptômes sur 9 |
| Adultes | 2,8 à 4 % | 5 symptômes sur 9 |
Le TDAH persiste à l’âge adulte chez la moitié des enfants concernés. Et seulement 10 % des enfants diagnostiqués en France reçoivent un traitement médicamenteux, alors que dans certains pays, l’utilisation du méthylphénidate atteint jusqu’à 48 fois le niveau français.
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